Fate/Prisma War
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Est-ce que ton servant d'amour est disponible ? Gudako sait. Répète Gudako trois fois devant ton écran et ta réponse sera .
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Angelika Disward
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Angelika
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Aime : Les fraisiers, Lisebeth, gambader et foutre la merde.
Déteste : Ne rien faire, la belle-mère de Lisebeth
Talent : La bagarre ♥
Ennemi Naturel : Les bonnes manières
Couleur préférée : Rouge. Et vermillon s'il vous plait.

Secret Garden
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30/30  (30/30)
Couronne(s): 20 ¤
le Sam 23 Sep - 18:19



Angelika Disward


 
 

    Renseignements
    Généraux
   

Nom : Disward Knox
Prénom : Angelika
Age : 24 ans
Groupe : Traqueurs
Nationalité : Anglaise
Rang souhaité : Virgo
Alignement : Chaotique Bon
Orientation : Bis à préférence Lesbienne
Virginité : Nop.
     
Code:
[b]Néopolitant[/b] du manga/série [i]RWBY[/i]
Servant souhaité : Nikola Tesla
   

 




Magie
Psychologie
Physique
Test RP
La magie d’Angelika, sur le principe, peut se résumer comme un accès illimité à la connaissance du combat : en effet, la petite mage sait d’instinct identifier un combattant et, lors d’un combat, peut lui opposer le style approprié pour contrer sa technique, voire même utiliser la sienne après l’avoir longuement observé. Sur le même principe, lorsqu’Angelika saisit un objet, elle est parfaitement capable de l’utiliser comme une arme, mortelle ou non, contre un adversaire.

La magie se décline donc en trois aspects :
- La connaissance martiale (stratégies, point faibles d’armures, ect…)
- Les styles de combat (techniques et mouvements de toutes disciplines confondues apprise par mimétisme ou par apprentissage).
- L’utilisation des objets, adaptés ou non.

Si cette magie parait idéale en tant que contre aux servants, elle a cependant une limite : la force d’Angelika face à son adversaire. Si elle peut parfaitement tenir tête à quelqu’un de son niveau, elle devra faire preuve de bien plus de prudence face à un adversaire plus puissant qu’elle. L’autre limite, c’est que l’afflux d’informations ne peut être traité en totalité par le cerveau : des milliers d’années de connaissance sur la guerre sont trop importante et dépasse la capacité cérébrale de l’utilisateur. En conséquence, Angelika n’a accès aux informations sur le combat qu’à partir du moment où elle a formulé son objectif : Si elle souhaite assommer sa cible, elle n’aura que les informations utiles à ce titre.

Le seul aspect visible de l’utilisation de sa magie par Angelika est un changement de sensation à son égard, comme si à l’instant où la magie fusait, son aura devenait brutalement menaçante.

Cette magie est le fruit du travail de nombreux mages, associés à une famille ou non, fidèles aux Dieux de la Guerre malgré leur silence persistant depuis la fin de l’age d’Or en 931 av. Jésus Christ. Ce travail, d’abord rédigé par de nombreux bardes et éparpillé aux quatre coins du monde, a été repris par les mages dans le but de forger l’arme parfaite pour limiter les décès lors de la guerre du Graal. Leur savoir, perdu puis redécouvert à maintes reprises au cours de l’Histoire, a fini par atterrir entre les mains des Disward, après des milliers d’années d’errance, sous le nom de Codex Martialis. La légende raconte que cet artéfact aurait été en possession de nombreux grands conquérants post âge d’or et qu’il serait responsable de leur avènement comme de leur défaite. Cependant, la dernière guerre du Graal aurait vu le Codex Martialis et la famille Disward brûler par la main du servant invoqué par son biais, ne laissant qu’une poignée de mage porteur de l’héritage des Dieux de la guerre encore vivant. Et si Angelika n’a aucune connaissance de ce fait, son père en était parfaitement conscient lorsqu’il a formulé le souhait d’enfanter avant de mourir de maladie.

Avec le temps, Angelika s’est aperçu que, pour déclencher cet afflux d’information, elle avait besoin d’un contact avec un individu de type humain (qui soit elle-même ou non) et d’un but précis pour orienter son « autre » cerveau. 
Il n’y a rien de plus incertain que le caractère d’Angelika. Est-elle douce ? Est-elle violente ? Est-elle juste, en fin de compte, une gamine qui s’est trop tôt brulé les ailes ? Oui. Non. A vrai dire, je ne suis pas sûre qu’il y ait une bonne réponse pour toutes ces questions.

Angelika est inconstante. Inconstante dans sa vie, inconstante dans sa façon d’être et d’agir. Parce que rien n’a vraiment d’intérêt, parce que même si nous sommes huit millions sur terre, nous nous ressemblons tous. Et, quand une simple phrase qui sort de votre bouche est imputable à n’importe qui de l’autre côté du globe, Angelika ne s’en satisfait pas. Alors elle est changeante, versatile. Parce qu’elle le peut. Parce qu’en faisant ça, elle se donne l’illusion d’être spéciale. Parce qu’en vérité, ses grandes bizarreries font les plus beau sourire de Lisebeth ou les plus beau visages perplexes chez ses compagnons Traqueurs et que c’est ce qu’elle adore.

Aussi loin qu’elle s’en souvient, Angelika a fait le pari de vivre à travers cette petite héritière, chétive, douce et conciliante comme une épouse parfaite. Et chacun des jours qu’elle a passés en sa compagnie, Angelika les chérit. Elle s’en imprègne chaque fois qu’elle part pour un contrat. Elle se dit que sa gentille Lisebeth attend son retour et ses cadeaux du bout du monde, attend ses anecdotes croustillantes et ses pitreries de fille de basse extraction pour changer son quotidien de l’ambiance étouffante de la Tour de l’Horloge. Elle essaie de se soutenir que, malgré tout ce qu’elle peut faire, elle le fait pour protéger son amie de toujours. Oui, elle, Angelika Disward, ancienne civile de par la naissance, elle poursuit l’espoir, un peu fou, de rester l’égale de cette petite dame qui lui a tant de fois rappelé avec colère qu’il ne fallait pas qu’elle mette ses pieds sur la table quand elles prenaient le thé.

Pourtant, ses sentiments chaleureux s’estompent à propos du géniteur de sa petite Lady Knox. Elle danse sur une pente capricieuse lorsqu’elle croise le regard de Lysandre, sans pour autant le craindre comme elle le devrait. Du haut de sa petite taille, Angelika ne manque pas d’audace. Ni d’impertinence. Peut-être est-ce cela qui lui a valu mainte et mainte correction durant son enfance. Jamais, ô grand jamais, elle n’a apprécié Lysandre malgré l’étrange proximité qu’il a instauré avec elle. La reconnaissance n’étouffe pas Angelika mais la rébellion non plus. Ensemble, nos deux danseurs semblent à leur place mais pas à jeu égal. Et si ce petit bout de femme ne doute pas qu’il se sert d’elle à son avantage, elle ne doute pas non plus que cette tentative de proximité n’est pas étrangère à l’absence de contact que peut avoir le père avec la fille.

Pas à pas, Angelika s’est lancée dans une voie capricieuse mais au combien divertissante pour quelqu’un qui possède sa magie. Le défi d’affronter des mages de plus en plus fort, la folie de tenir tête à des cartes la fait frissonner comme une droguée en sevrage. Bourrée à l’adrénaline, elle brave le danger avec ce mélange d’audace et de narquoiserie qui la caractérise. Et ce n’est qu’avec dépit qu’elle achève son combat pour passer au suivant. Parce que mettre fin à une vie ne l’intéresse pas plus que ça. Et ce n’est qu’en croisant l’épée qu’elle se souvient de ceux qu’elle a dû, un jour, envoyer rejoindre l’au-delà.

De ses compagnons Traqueurs, Angelika ne saurait se défaire. Il n’y a qu’avec eux qu’elle retrouve une sorte de constance. Un fond de caractère agréable et blagueur dont elle fait profiter les autres, parfois contre leur gré mais pour son plus grand bonheur. Sans jamais cesser de profiter de sa vie à cent à l’heure, Angelika soutient et exaspère les siens. Et de ses différentes émotions, elle se nourrit pour faire enfler ou décélérer sa vitesse à provoquer le chaos dans les environs. Cependant, Angelika, elle est comme ça. C’est en cherchant des poux à ceux qu’elle aime bien, qu’elle se définit.

Pourtant, dans ce beau fruit, il y a quelque chose de pourri. Un intérêt, une certaine curiosité pour ceux qu’elle doit sans cesse traquer. Soyez assurez que, lorsque le mot Ouroboros est prononcé, vous avez son attention toute entière. Quand bien même ses oreilles trainent sans cesse, il n’y a qu’avec ce simple mot que vous la verrez frétiller d’excitation à l’idée de se frotter à des gens qui font frissonner les siens. Elle rêve de les affronter et, force de provocation, elle sait qu’elle y parviendra peu importe ce qu’elle y laissera dans l’histoire.

Une pourriture qui n’est pas neuve mais, qui s’est empiré au fil du temps. Une douleur, profonde, à chaque fois qu’Angelika regarde les bras de Lisebeth. Des bras qu’elle n’aurait pas dû perdre, si seulement la petite guerrière avait été mieux préparé. Aussi reste-t-elle profondément mal à l’aise quand il s’agit des prothèses ou de la mère de Lise, malgré que cette dernière ait toujours dit qu’elle ne la tenait pas pour responsable.
Devant vous, il n’y a qu’elle. Ce petit bout de femme, droite sur ses pieds et solide dans ses bottes à talons. Ce petit bout de femme, au sourire narquois et au regard tranchant comme un scalpel. Ce petit bout de femme, dont l’ombrelle dissimule avec innocence la couleur étrange de ses cheveux en faisant ressortir ses prunelles vairons. Ses talons claquent, alors qu’elle s’écarte pour vous laisser place libre.

Il y a quelque chose de félin, dans sa façon de glisser sur le côté sans vous quitter des yeux. Quelque chose d’inquiétant, aussi. Comme si, en faisant les quelques pas qui vous sépare de l’entrée, vous aviez commis la faute et qu’elle vous jugeait pour ça. Si elle n’a pas la tête du démon, elle en a bel et bien l’aura. Et elle en joue comme un chat, faisant couler la sueur le long de votre dos alors qu’elle vous emboite le pas. Elle en vient, même, à vous dépasser par inadvertance, en faisant tourner son ombrelle comme une enfant.

Vos yeux se perdent dans sa tenue. Quelque chose de sobre, qui contraste de culture sur ce petit bout de sauvage à l’ironie agaçante. Au claquement différent des talons sur le sol, on devine qu’elle sautille vers l’endroit où vous vous dirigez à pas lent. Et c’est sans difficulté qu’elle s’arrête devant la porte, allant même jusqu’à s’incliner en vous montrant le montant de l’entrée. Aucun doute que, sur elle, sa tenue reflète le goût et l’éducation. Mais il n’y a pas plus de doute que, si on s’y attarde d’avantage, on remarque sans mal que l’illusion ne tient qu’à un fil. Un fil ténu, suspendu à cette jolie frimousse, moqueuse de bout en bout.
L’obscurité du couloir vous quitte, vous obligeant à porter une main devant vos yeux, le temps de vous adapter à l’ambiance qui règne dans la pièce. Une table basse, entourée de fauteuils d’un autre temps mais dont, jamais, on ne pourrait douter du confort. Un brandy posé négligemment près de deux verres dans un plateau d’acajou. Du papier et une plume, eux-mêmes, laissé tout près des récipients sur cette petite table qui, maintenant qu’on s’y penche, semble être un assemblage hasardeux de différent bois sans que ça n’ait particulièrement de sens.

« Asseyez-vous, je vous en prie. »

La voix de la jeune fille vous enveloppe comme un plaid pour un dimanche de binge-watching. Ses yeux, eux, vous dévore sans même laisser le moindre espoir à votre âme de lui échapper. Rose, marron. Ses couleurs vous montent au cerveau, sans que vous sachiez si vous aimez ça ou non.

« Je suis Virgo. C’est moi qui m’occuperai de votre contrat. »

Ses manières sont parfaites. Le dos droit, les doigts entrecroisés sur ses cuisses. Sa respiration est si discrète que par moment, il vous arrive de vous demander si elle expire toujours. Aussi, lorsqu’elle sort les deux verres et se met à vous servir avec déférence, vous vous lancez dans vos explications. Pas à pas, les questions se posent et, peu à peu, le contrat se scelle. Etrangement, quand bien même elle vous en demande la raison, elle n’a pas l’air d’y adresser le moindre intérêt. A l’évidence, la paperasse l’ennuie. Ou peut-être est-ce vous ?

Une demi-heure plus tard, vous êtes de nouveau à l’entrée du bâtiment, un goût amer dans la bouche. Ce n’est qu’après quelques minutes à marcher que vous vous apercevez de quelque chose de singulier. Cette Virgo… elle était ridicule. Ridiculement petite.

En résumé : Angelika fait 1m49 pour 45 kilos. Avec ces talons, elle atteint à peine le mètre 55. Elle a les cheveux colorés en rose, d'un côté uniquement. Sur le reste, elle est assez quelconque, pas de grosse poitrine mais pas de planche à pain non plus, pas de signe plus distinctif que sa lubie des yeux vairons et des cheveux aux couleurs flashies. Généralement, elle se sert de son aspect banal pour se déguiser.
Mdr. Tu sais pas ce que t'auras, mais moi je sais moi je sais. Et pas toi. Huhuhuhu.

Derrière l'écran
Mon pseudo est Angelika, j'ai 20 ans.
J'aime ... mais je déteste .... La flemme de remplir ça. Ça fait fait bien quatre années que je fais du rp sur forum. Je trouve le forum tellement bio que je pourrais lui faire des bébé et je vénère Gudako ! J'ai codé FPW mdr.
Si je devais vous donner une anecdote sur moi, je vous dirais que *bruit de camion qui klaxonne*

Je certifie avoir lu et prie conscience du règlement. La preuve ? En voici le code: DRAW ! MONSTER CARDO !

Lutèce pour Fate/Prisma War




Dernière édition par Angelika Disward le Dim 5 Nov - 18:31, édité 6 fois
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le Ven 20 Oct - 17:56



Histoire
La vie est étrange. Si proche du rêve et, pourtant, si près des enfers aussi. Une petite fille, dont la main potelée reste enroulée autour de celle de sa mère, sautille avec insouciance. Ce matin, comme tous les autres, elles se promènent dans les rues avec lenteur en découvrant un paysage différent de ce qu’elles ont l’habitude de côtoyer. Autre différence avec les autres promenades, la mère pressait le pas, courant presque malgré que son bout de chou éprouve toutes les difficultés du monde à la suivre. Pourtant, l’enfant ne se plaignait pas. Elle regardait, hypnotisée, la main ferme qui retenait la sienne. Les passants évitent ce drôle de duo, alerté par une espèce de pressentiment qui rendait la petite fille bien moins mignonne que monstrueuse dans leur esprit. Ils ignorent pourquoi mais, devant elle, la mère pleure à chaude larme et sans un bruit. Cachée par ses cheveux, elle ne laisse rien deviner à sa petite, qui, au bout d’un long moment à marcher dans le froid, finit par briser le silence.

« Maman, pourquoi, quand je regarde ta main, je sais comment la briser ? »

Un hoquet secoue les épaules de la mère, qui s’arrête aussitôt pour attraper l’enfant dans ses bras et la plaquer contre sa poitrine. Elle reprend bien vite sa marche, malgré les protestations de la fillette qui, du haut de ses cinq ans, réclame à retourner par terre. Elle finit par fermer les yeux, épuisée par la cadence de folie que lui impose sa chère maman, bercée par sa marche qui devient bientôt une course qu’elle imagine enflée par l’amour et l’envie de retourner à la maison avec elle avant que la neige ne tombe dru dans les rues.
La vérité, c’est que l’urgence finit par pousser la jeune femme aux cheveux noir à courir jusqu’à son ancien travail, dépassée par les évènements. Simple civile, elle ne connaissait rien au mal qui prenait sa fille depuis bientôt un mois. Là où sa tendre Angelika ne voyait que jeu et amusement, Maria avait vu du danger et un esprit dérangé. Elle ne comptait plus les fois où, fascinée par les couteaux pendant qu’elle aidait à faire la vaisselle, la petite les avait pris par la lame avant de les lancer sur la porte avec un savoir-faire sorti de nulle part. Maria avait beau ne pas être superstitieuse, elle n’avait pas pu voir ce talent comme un don mais bien comme une malédiction et, à chaque fois que sa douce Angelika saisissait quelque chose, elle voyait apparaitre autre chose chez le bambin. Quelque chose de terrifiant.

La détresse lui donne la force de courir toujours plus loin vers le domaine Knox. Malgré qu’elle n’ait été ménagère chez eux que peu de temps, elle avait assisté à de nombreux miracle de l’autre côté des portes closes des cabinets de ses employeurs. Elle avait vu l’alchimie des anciens prendre forme sous les doigts d’un enfant mais aussi les éléments perler des manches des dames pour aller former d’étranges symboles sur le plancher sans que jamais elle n’ait eu à en nettoyer les stigmates. Maria finit par voir apparaitre le manoir devant elle.

Elle écoute la respiration tranquille de sa fille, un pincement au cœur à l’idée de ce qu’elle s’apprêtait à faire. Mais, même si Dieu voudrait que son âme brûle au septième dessous pour cette décision, Maria savait que c’était ce qu’elle pouvait faire de mieux pour son enfant et pour elle-même. Ses pas précipités marquent la neige encore fraiche de l’allée, alors qu’elle se précipite vers l’entrée de la demeure avec davantage d’ardeur. Elle toque avec force contre le battant avant de sortir une lettre de son épais manteau. Elle remet le pli à la bonne qui eut la gentillesse de lui ouvrir et la presse avec urgence d’en faire connaitre le contenu à Maitre Lysandre avant de lui remettre Angelika. Puis, sans un mot de plus, elle fait demi-tour et part, ses deux mains serrées contre sa poitrine pour tenir malgré le mélange étrange de soulagement et de tristesse qui l’envahisse.

Sur le pas de la porte, la bonne hésite un instant en voyant l’enfant dans ses bras, se demandant encore si elle vient bien d’assister à la scène ou si ce n’était qu’un rêve motivé par sa somnolence près de la cheminée pendant le petit déjeuner de Madame. Ses bras bien fermés autour de la petite silhouette et sa chaleur lui permirent de vite choisir, quant à la réalité de ce à quoi elle venait d’assister. Ou bien fut-ce les pas, aisément reconnaissables de Maitre Lysandre qui la ramenèrent sur terre. Elle fait volte-face, s’inclinant bien bas devant lui alors qu’il s’arrête en bas des escaliers. Elle lui tend la lettre, mortifiée devant son regard ombrageux et la moue critique qu’il affiche en posant ses yeux sur l’enfant.

«Du courrier à votre attention, Monsieur. »

Sans un mot, il prit le pli avec circonspection avant de l’ouvrir avec aisance. Il se plonge alors dans sa lecture, continuant son chemin vers la salle à manger du manoir, laissant la bonne seule dans le couloir. Ce n’est qu’au bout d’un long moment que cette dernière se permit à nouveau de respirer mais pourtant, elle ne réussit pas à bouger pour autant. Dans ses bras, l’enfant ouvre les yeux et se met à remuer, à la recherche de sa mère. Elle pose de grands yeux sur la matrone qui la porte toujours dans son giron et lui demande poliment de la poser par terre avant de scruter l’endroit du regard. Au bout d’un moment, l’enfant finit par regarder à nouveau la bonne.

« Dites, Maman, elle est partie n’est-ce pas ? » Mal à l’aise, son interlocutrice baisse le regard, comme si elle cherchait sa réponse. « Elle m’a dit qu’aujourd’hui, elle m’emmenait dans un endroit pour les gens comme moi. Un endroit où je serai mieux qu’à la maison. » La grosse femme réprime difficilement un frémissement lorsque le Maitre apparait dans le dos de l’enfant, qui se tient fièrement sur ses deux pieds, les mains dans les poches. Inconsciente, la fillette fait volte-face pour dévisager l’homme puis reprend. « Dites, M’sieur, c’est quoi des gens comme moi ? » Elle regarde à nouveau autour d’elle à la recherche de sa propre réponse, avant de reporter son attention sur l’imposant homme aux cheveux blancs face à elle. « Vous êtes qui, vous ? Et moi dans tout ça, j’suis quoi ? » La panique commence à apparaitre dans la voix d’Angelika. Tremblante, l’enfant dévisage Lysandre comme s’il pouvait, d’un mot, flanquer par terre tout ce qu’elle avait cru jusqu’alors. Sans un mot, l’homme lui tendit un couteau avant de lui désigner la porte d’entrée. Sa voix, tonitruante pour un enfant, mais sèche et dure pour un adulte, brise le silence et chasse la panique naissance sur le visage de la petite.

« La porte, là-bas, est-ce que tu peux l’atteindre avec ça ? »

Angelika entoure le couteau de ses deux mains et, après une hésitation, regarde à nouveau l’homme face à elle. Elle ne comprend pas pourquoi il demande cela. Pourtant, une petite voix lui chuchote que son arme n’est pas adapté à l’usage. Que, du haut de sa taille et à la simple force de ses bras, elle est trop loin pour répondre à la demande. Intimement, elle sait que le couteau va rebondir contre la surface solide, peut-être même blesser quelqu’un en chutant. Elle ferme les yeux et imagine la scène. Elle se voit se mettre de côté, la main tenant le couteau par la lame levée au niveau de son visage, l’autre fermement dans son dos, les pieds perpendiculaires l’un à l’autre avec un espace d’environ cinq centimètres pour faciliter la modification de ses appuis. Pendant qu’elle garde ses yeux clos, le corps d’Angelika bouge sans même qu’elle s’en aperçoive. Devant le regard de ces deux témoins, elle prend une position parfaite et, après un quart de seconde de flottement, lève lentement le bras avant de le baisser aussi sèchement que le lui permettait son petit corps et toutes ses couches de vêtements. Le couteau s’envole sans difficulté, tournoyant une poignée de seconde avant de se planter dans le parquet à une dizaine de pas de la porte, sous le cri horrifié de la gouvernante qui sortait accompagnée de Madame et des enfants.

« Monsieur, enfin ! Que faite vous donc avec la vaisselle ? Lysandre leva la main en l’air pour faire taire l’employée.
- Vous veillerez à ce que cette enfant soit logée et nourrie dans le manoir dans les plus brefs délais. Je veux qu’elle soit instruite et entrainée dès demain. »
Puis il s’en fut, laissant son épouse, ses enfants et ses employées en compagnie de l’enfant, qui, ne sachant trop que penser de ce qui venait de se passer, se laissa faire sans piper mot.

*


« Tout est perfectible. »

C’est que te rabâche sans cesse le maitre d’arme des Knox et, à vrai dire, tu ne peux que l’approuver sur ce point. Encore plus, depuis que tu maitrises chaque jour un peu mieux ta magie et les subtilités de celle-ci. Sept longues années d’entrainement qui t’ont forgée, aguerrie doucement mais surement à une solide base théorique. Mais, si jusqu’à présent tu n’avais jamais craint de frapper les mannequins, personne n’avait jamais songé à te mettre en situation. Bien sûr, tu avais déjà affronté ton professeur. Bien sûr, tu avais repoussé les limites, au mépris de tes barrières physiques et des nerfs de ton adversaire. Bien sûr, sous le couvert protecteur d’une magie martiale, on t’avait crû impassible et prête.
Pourtant, malgré toute l’application mise à faire de toi un monstre de technique et de ruse, ils avaient négligé un détail. Et de taille. Du haut de tes douze ans, pleine de l’assurance et de l’esbroufe de l’adolescence qui naissait en toi, on avait négligé l’aspect terrifiant de la condition réelle. Armée comme tu l’étais, on pouvait parfois oublier ton âge. Tes douze malheureuses années qui, malgré tous les efforts possibles, n’auraient jamais pu te préparer seule à l’horreur d’un combat en condition réelle. Aujourd’hui encore, tu te souviens de la scène comme si on l’avait incrusté dans ta peau au fer chauffé à blanc. La terreur ne te submerge plus mais tu regrettes, encore et toujours, d’avoir eu trop d’innocence pour réagir à temps.

Tout s’était passé en un éclair. Un battement de cil avait suffi à transformer un paisible instant mère-fille en bain de sang. Dans la surprise et l’hésitation, tu n’avais pu sauver personne. Ou alors, pas en entier. Tes cheveux bruns s’étaient coupés net avec les bras de Lisebeth, bien que ton réflexe vous fût salvateur à toutes les deux. L’odeur du sang t’avait prise à la gorge et la nausée t’avait fait trembler. La peur, pure, s’était insinuée en toi quand ton regard avait croisé celui, vide, de la mère de ta petite protégée. Une envie violente de gerber t’avait prise à la gorge mais rien n’y faisait. Tu ne pouvais pas esquisser le moindre mouvement, que ce soit vers Lisebeth ou Lady Knox. Ton regard, à présent détaché du cadavre, scrute l’homme à l’origine du chaos avec un mélange de sidération et de panique.
Tu ne sais pas quoi faire. Pourtant, en le voyant jeter son arme brisée à terre et s’emparer d’une autre, tu sais que tu vas devoir agir. Agir, ou mourir. Un coup d’œil en arrière t’apprend que Lise est dans un état critique. Si tu restes trop longtemps immobile, ce sera fini. Avant même que l’assaillant n’ait eu à lever le petit doigt. Tes poings se serrent et tes ongles s’enfoncent dans ta peau jusqu’au sang. Un déclic. Il te faut le déclic. Tu ne quittes plus l’homme du regard, alors que tu laisses le savoir de guerre t’envahir. Les informations passent en bribes éparses, chaotiques. Comme la scène autour de toi. Tu ne parviens à organiser tout ce qui t’es nécessaire pour répliquer que lorsqu’il daigne enfin s’avancer vers toi. La consigne est simple, concise. Et tu te souviens encore du rire qui a franchi les lèvres du type lorsque ta voix, tremblante, s’est élevée dans la pièce.  

« Vous allez mourir. »

L’aura de ta magie avait pris le pas sur le reste et ses réflexes aussi. Le tourbillon habituel d’information se fluidifie brutalement. Homme. Un mètre quatre-vingt, quatre-vingt-dix. Environ la trentaine. Arme à feu dans la veste, couteau de chasse dans la botte. Un coup d’œil dans la flaque du sang de Lady Knox provoque un nouvel afflux. Pèse approximativement quatre-vingt kilos. Puissance trop importante pour l’emporter à la pure, donc. Pas assez d’endurance pour l’emporter à l’usure. Pas assez de temps, non plus. Nouveau coup d’œil sur lui, puis sur toi. Deux couteaux de lancer dans mes bottes. Distance raisonnable, chance de réussite estimée à 70%. Force de lancer moyenne pour la main, forte pour la poitrine. Tes deux mains s’envolent littéralement vers tes bottes pour en sortir les deux armes, dissimulées par les froufrous de ta robe de fille de compagnie. Le type n’est pas impressionné pour deux sous. Il semble même prendre ta réaction à la légère, puisqu’il néglige de prendre son arme à feu pour te couper toute possibilité de réaction. Stupide. Estimation revue à la hausse. Tu continues à trembler mais la voix à l’intérieur de ta tête semble, peu à peu, te transmettre son sang-froid. Tu fermes les yeux, sans même t’en apercevoir. Ton corps prend sa position de tir en quelques secondes et, avant même que l’homme n’ait eu le temps de comprendre, tes mains lancent les deux couteaux avec une aisance que personne n’aurait pu te soupçonner. Le premier rencontre la main armé de ton adversaire, s’y plantant jusqu’à la garde en lui arrachant un grognement et son couteau de chasse par la même occasion. Le second à moins de chance, atterrissant dans l’épaule opposée sans pour autant atteindre ce que tu visais. Mais ce n’était que le début. Nécessité de clore le combat en quelques secondes. Impossible de garder l’adversaire en vie sans menacer les alentours. Tu te vois te jeter sur l’arme, la saisir au vol et la planter au niveau du cœur.

Lorsque tu rouvres les yeux, ta vision se réalise. Tes deux mains lancent parfaitement les couteaux, qui se plantent à l’identique. Tu t’élances sans plus d’hésitation, t’emparant du l’arme militaire et utilise l’élan pour sauter après avoir modifié tes appuis. Puis ta vision se détache de tes mouvements. L’élan prit dépasse le cœur et te mène droit à la gorge, la pointe du couteau tactique en avant. Enfoncé jusqu’à la garde à la jonction du cou et du crâne. L’homme trésaille, comme parcouru d’un courant électrique, puis se met à gargouiller. Carotide sectionnée. Son sang t’asperge à grand coup de jet, te forçant à te précipiter à l’écart pour essuyer tes yeux. Un grand chtong. Tu ne saisis pas trop ce que signifie carotide. A vrai dire, pour l’instant tu sembles plus préoccupée par Lise, maintenant que tu as chassé le liquide vermeil de ton regard. D’un geste vif, tu arraches tes jupons pour les déchirer en bandelette. Ça non plus, tu n’avais jamais vu en situation réelle. Ta nausée empire, mais tu luttes. Lisebeth est presque hors de danger. Tu sers tes bandelettes autour de ses bras, priant pour que ce soit assez malgré ton manque de connaissance flagrant en la matière. Puis, dans le désespoir et au mépris de toute précaution, tu hurles.

« A l’aide ! »

Tu ne reconnais plus ta voix. Elle se brise à demi lorsque tu essaies de crier. Tu dois bien t’y reprendre à deux fois, pour qu’enfin un vrai hurlement sorte d’entre tes lèvres. Mais ce n’est pas la personne que tu espérais qui apparait dans l’encadrement de la porte. Bien au contraire. C’est un autre homme dont l’ombre se détache dans la flaque de sang de son acolyte. Son regard parcourt la pièce, puis se pose sur toi. Agir, ou mourir. Aussitôt, ton instinct prend le relais sur la peur. Tu replonges dans la magie, envahissant la pièce avec une aura terrifiante.

Homme. Corpulence similaire au précédent. Buste protégé par un gilet en kevlar. Pas d’arme automatique mais un couteau tactique à la hanche. Pas d’autre arme visible. Un pas, puis un autre. Si l’homme se rapproche, tu recules d’autant pour te mettre devant Lisebeth. Tu avais besoin d’un plan. Et un sacrément bon si tu voulais te tirer de là.  A nouveau, tu jettes tout ton esprit dans l’objectif unique de sauver Lisebeth et, accessoirement ta peau. Neutraliser le couteau en brisant le poignet. Esquiver l’autre main en s’emparant de l’arme. Trancher le nerf ulnaire en passant dans son dos. Planter le couteau dans le cou, côté droit, avec une orientation à 45°. Bruit minimal, durée de combat estimé à moins de deux minutes. L’afflux de donnée te pousse à te mettre en mouvement. Tu t’avances vers le type et commence t’écarter légèrement sur sa gauche quand il s’empare de son couteau pour te menacer. Vous vous tournez autour quelques instants avant qu’il ne se décide à agir. D’un pas léger, tu te décales de quelques centimètres et pivote pour abattre le tranchant de ta main sur la jonction radio-carpienne. Un petit craquement accueille ton mouvement et tu saisis au vol ton nouveau moyen de combattre. Tu roules sur le côté pour éviter le coup de poing rageur de ton adversaire et te remet en garde à quelques pas de Lisebeth, le regard résolu.

Couteau à la main, épuisée mais toujours sous le joug de l’adrénaline et la peur, tu manques de rater un détail important. Ce n’est qu’en entamant la nouvelle série de mouvement pour achever ta cible que ton regard est attiré par un éclat, venant de l’escalier. Esquive sur la gauche pour trouver le tireur. Ton pied se gaine, projetant ton corps tout entier vers la gauche en négligeant le poing qui visait ton flan. Prise dans l’élan, tu fais un roulé-boulé complexe avant de t’arrêter contre une bibliothèque, les deux jambes en l’air et la tête tournée vers l’encadrement de la porte, d’où jaillissent des lianes épaisses. Tu entends ton adversaire chuter lourdement au sol et racler le sol de ses ongles. A peine as-tu le temps de poser un genou à terre et te mettre en garde qu’un golem apparait dans l’embrasure. Dans un réflexe, tu saisis la lame du couteau et t’apprête à le lancer sur le mage que tu entends approcher. Ni une ni deux, ton arme quitte des mains et s’envole, se fichant dans la chambranle à deux doigts de la tête de Lysandre Knox, qui te dévisage d’un air mauvais. Quelques secondes plus tard, une nuée de serviteur apparait autour de toi. Abandonnant la magie et laissant retomber le flux d’adrénaline, tu te mets à gerber dans un coin de la pièce, prise à la gorge par l’odeur de mort qui y règne. Ce n’est que lorsque tu cesses de vomir tripes et boyaux que ton cerveau commence à digérer les informations du court laps de temps pendant lequel tu viens de te battre. L’image du type à qui tu as tranché la gorge te frappe brutalement et tu vacilles, encore un peu plus. Puis l’image d’une Lilith au regard vide te fait écarquiller les yeux. Et, finalement, c’est la vision du corps sans vie de Lisebeth et de la magie de soin de la gouvernante qui te fait basculer.

Hurlant à plein poumon de terreur, les larmes aux yeux, tu ne dois qu’à la miséricorde de ton maitre d’arme de ne pas te couvrir de ridicule en fuyant. Un coup sec, juste à la tempe, te fait sombrer dans l’inconscience avec le visage de du type que tu as abattu.

*

Le silence. Tu es immobile dans le bureau de chef de famille depuis un certain temps maintenant. Une éternité, en réalité. Tu ressembles à une statue, adossée au mur face à Lysandre, tout juste cachée derrière la porte. Tu as seize ans à présent. Et tu comptes les minutes avec une régularité effrayante, comme si ton décompte pouvait à lui seul te sauver de ce qui t’attend. Lysandre ne convoquait jamais personne au hasard. Tu l’avais appris peu de temps après l’incident de Lilith et Lisebeth. Mais, là où t’attendais à subir un courroux, tu n’avais eu droit qu’à un constat simple, tranchant.

« Tu n’es pas assez forte, Angelika. J’ai peut-être commis une erreur en te confiant si tôt la vie de mon héritière. »

Et un tourbillon d’émotion t’avait enveloppée, secouée de fond en comble jusqu’à te mettre à genou. Tu n’avais pas réussi à pleurer. Pourquoi ? Parce que tu savais qu’il avait raison. Aussi tu n’avais pas bronché, lorsqu’il avait formulé le vœu de te faire changer d’instructeur et de manière de faire. C’était pour toi la punition, la juste punition qui suivait ton échec et que tu attendais, comme si ça pouvait alléger ton fardeau.
Tu avais fait la connaissance d’Ash. Un homme bourru et de mauvaise foi, le plus souvent. Un homme solide, dont les magies de repérage et d’illusion n’avaient rien à voir avec la tienne mais dont le savoir allait forger ta vie. Tu n’avais eu qu’une poignée de minutes pour faire tes adieux. Juste le temps d’enfourner des vêtements d’entrainements et de poser un post-it sur les portes de Lise et Adonis. L’un pour lui dire que tu reviendrais vite, l’autre pour lui demander de veiller sur elle. Et puis, sans plus de cérémonie, tu étais partie. Partie en quête de ce qui te manquait : l’expérience et la puissance.

*

Ash m’a apporté énormément durant ces quelques années. On a visité le monde, fait les quatre cent coups partout sur le globe. Un peu comme un père et une fille, tant soit peu que l’on puisse admettre qu’il est naturel pour un géniteur d’essayer de vendre sa progéniture au minimum deux fois par jour. Je ne compte plus le nombre de foi où il a touché le gros lot en me poussant dans des tournois clandestins et, à vrai dire, ça aurait été réellement important si je n’y avais pas pris tant de plaisir. Lui, il voulait payer son tord boyau immonde. Moi, je me cherchais. Si je n’étais plus en mesure d’assurer la protection de Lise, qu’est-ce que j’étais ? Les matchs me plongeaient dans une transe étrange et me procurais, au moins temporairement, une catharsis. J’étais là pour elle. Pour que plus jamais, l’incident de Lilith ne se reproduise. Coup après coup, j’expiais mes erreurs à ma manière. Tout était bon, tant que la culpabilité disparaissait de mes veines. Et sans cesse, je me répétais le même mantra. Je fais ça pour elle. Parce que c’est le seul moyen.

Le dit moyen m’a pris du temps. Un temps bienvenu pour faire mon deuil. Un temps idéal aussi, pour apprendre ce qui m’a posé le plus de soucis. Dans un combat, il y a forcément un gagnant et un perdant. C’est une évidence, cité ainsi, mais ce n’est qu’après cinq ans d’errance que j’ai commencé à accepter que le perdant était, le plus souvent, celui qui mourrait. Tout particulièrement chez les mages et, encore plus dans le travail d’Ash. Une désignation scellée après l’autre, j’ai compris que, si j’étais là, c’était parce que mon nouveau maitre cherchait à former son successeur. La vraie question, c’était pourquoi. Pourquoi, moi qui suis sensée protéger Lady Lisebeth Knox, nouvelle génération et espoir des Knox, devait acquérir des leçons sur la traque et l’élimination de mages ?

Pour rien, me disait Ash. Pour Lizzie, me disait la petite fille cachée dans un recoin de ma tête. Parce qu’on a d’autre projet pour moi, ais-je fini par deviner en retournant là où tout avait commencé.

*

Le manoir était désert. Quoi de plus normal, lorsqu’on sait qu’il s’agit d’une résidence secondaire souillée par l’intrusion d’étranger et le sang de la femme la plus aimée des autres (presque) membres de la famille. Le vieux n’était pas là. C’était souvent le cas, ces derniers temps. Il disparaissait des journées entières puis réapparaissait aussi brutalement qu’il s’en était allé. La plupart du temps, il puait l’alcool à des kilomètres. Ces derniers mois, c’était une autre odeur qui s’était mêlée à celle de la mauvaise vinasse à laquelle il était accroc. Une odeur ténue mais pour autant reconnaissable lorsqu’on la côtoyait aussi souvent que lui et toi. La faiblesse. Aussi étais-tu partie sans un bruit, ne laissant qu’un vague mot sur la table de la cuisine même si tu savais pertinemment qu’il n’y prêterait pas attention. Il ne prêtait jamais attention à autre chose que l’argent qui lui permettrait de se remplir à nouveau le foie avec ses cochonneries d’alcooliques.

Pas à pas, tu progresses dans le domaine sous un soleil de plomb. Loin de Londres, la petite résidence des Cornouailles était un petit bout de paradis pendant le mois d’août. Peut-être était-ce pour cela que jamais Lizzie n’y était retournée à cette période de l’année. Le soleil et la proximité de la mer était peut-être trop tentatrice et il était de notoriété commune que, depuis la mort de Lilith, Lysandre avait délaissé le bonheur de son successeur pour en privilégier la puissance et l’éducation. C’est avec un demi-sourire que tu traverses l’allée de conifère. Là-bas, sur la gauche, un cœur est gravé dans l’écorce. Tu n’as pas besoin de t’en approcher pour savoir ce qu’il s’y trouve mais sa simple vision te réchauffe le cœur bien plus efficacement que le soleil qui tape contre ton dos.

Les initiales se sont effacées avec le temps, mais pas les deux derniers mots. Le A et le L ne sont plus que des spectres mais le « Friend Forever » semble plus présent que jamais. Comme si l’arbre lui-même s’était pris de passion pour les deux petites gamines qui venait le voir en fuyant les cours de politique et son professeur aussi bedonnant que soporifique. Comme si les dizaines de bonhomme de neige qu’elles avaient fait à son pied étaient les catalyseurs responsables de la conservation de ce souvenir, taillé dans sa chair de bois.

La nostalgie manque de te faire tomber à la renverse lorsque tu arrives au niveau des escaliers du manoir. La bâtisse, sobre et presque trop grande, est étonnamment intégrée au décor des bois qui l’entoure. Tu savoures le silence et laisse ta mémoire remonter avec délices. Cette maison, c’était le début de ta vie ici. Le début hésitant de ton amitié avec Lizzie et les sourires timides que tu adressais à Adonis lorsqu’il te toisait. Le début des bleus et des pleurs lorsque le mannequin tournait plus que tu n’en esquivais les coups. Le début, aussi, des petites parts discrètes de fraisiers du cuisinier lorsque tu venais bouder à chaque fois que tu te faisais gronder. Tu souris, malgré tes yeux clos et la sensation, ténue mais habituelle depuis que tu traines avec Ash, d’être surveillée par quelque chose. Et, si on t’a toujours dit de t’en méfier, tu préfères la négliger pour continuer ton pèlerinage dans le passé en toute quiétude. Ce n’est qu’en arrivant près de l’aile droite du manoir qu’un détail te frappe.

Envahi par la végétation, l’endroit que tu pensais vide semble brutalement vivant. Fenêtres ouvertes, draps flottants dans le jardin, tu pourrais presque entendre vos rires d’enfants et les grondements de la gouvernante à vos trousses. Pourtant, il n’y avait aucun semblant de vie, passant dans le couloir facilement visible à travers les portes ouvertes des différentes pièces. Aucune vie, si ce n’est la résonnance, un peu dissonante et pas très naturelle, du fredonnement joyeux d’une femme que tu serais bien incapable de reconnaitre. La distorsion, sonore, provient sans doute d’une domestique laissée en arrière pour entretenir la propriété. Il pourrait aussi être celui de n’importe qui et cette idée ne te plaisait guère. Prudemment, tu te mets à longer les murs, à l’abri des fenêtres d’où proviennent les notes, dont les tonalités semblent se détériorer davantage à chacun de tes pas. Tu enfiles les gants que tu gardais attaché à ta ceinture et vérifies ton arsenal par automatisme, pour oublier le scalp de peau humaine qui se trouve au contact de tes paumes. En à peine une minute, te voilà fin prête à agir, quelle que fut la situation. Tu te redresses à peine, juste l’espace de quelques secondes pour voir ce qui se déroule de l’autre côté du mur. Ton inspection se fait lentement, une fenêtre, puis deux puis trois puis qu… Tu te figes, accroupie contre le mur, en proie à la surprise et l’incompréhension, avant de regarder à nouveau par la fenêtre.

Devant toi, Lady Montgomery se tient devant les fourneaux. Elle porte la même robe que ce jour-là et le même sourire rassurant que lorsqu’elle s’est interposée pour vous protéger. Pire, elle semble totalement apaisée et, encore plus vivante qu’auparavant malgré son aspect fumeux et translucide. Tu restes happée par la vision d’outre-tombe un long moment, tourmentée et mal à l’aise. Ce n’est que grâce à la sensation désagréable de tes gants que tu te ressaisis. La question n’est pas pourquoi Lilith est ici, mais plutôt qui peut bien s’amuser à ramener les morts dans la demeure des Knox ? Tu te redresses pour la troisième fois, à la recherche d’une présence extérieure, d’un détail, aussi futile soit-il, qui pourrait ébaucher un début de réponse à ta question. Tes yeux se posent sur la pile de vaisselle sale, puis sur le matériel d’alchimie dans un état plus que discutable qui gît sur le plan de travail de la cuisine. La voilà, ta preuve. Une autre personne se trouvait sur les lieux. Et vivante, cette fois-ci.

D’un bond, tu enjambes le bord de la fenêtre et pénètre dans la pièce. Le fantôme de Lilith ne réagit pas à ta présence, même lorsque tu te mets à fouiller les rares affaires laissées à ton bon vouloir. Le matériel d’alchimie traine aux quatre coins de la cuisine et, ce que tu prenais pour les délires d’un fantôme faisant du potage est en réalité une casserole froide contenant la bague de famille de la mère de Lizzie et divers ossements dans un liquide poisseux similaire à de la sève. Qui que soit la personne présente ici, elle était mage. Mage et spécialisée dans le spiritualisme, voire dans la nécromancie. Lentement, tu t’éloignes en attrapant une des bouteilles d’enchantement que t’as donné Ash à ta ceinture puis l’un des instruments d’alchimie. L’éprouvette, vide, est si légère que tu crains un instant de l’échapper malgré que tu y portes toute l’attention possible dans cette situation. Tu inspires profondément, faisant sauter le bouchon en liège sur la petite bouteille de liquide noir et poisseux. Tu enduis tranquillement la fiole, sans même prendre la peine de regarder ce que tu fais. Par des réflexes forgés par l’habitude, tu lèves le tube de verre vers la lumière sans cesser de scruter les alentours. Tu éprouves bien des difficultés à faire abstraction de la première femme de Lysandre mais tu tiens bon. Le seul bruit qui secoue les alentours est encore et toujours la chanson de Lilith, plus dissonante que jamais. Il te tient compagnie pendant tes quelques minutes d’attentes, tout juste le temps que le réactif décide de se mettre au travail, puis ton fronces les sourcils en regardant le résultat.

Rien. Et, si le rien peut être rassurant dans certains cas, ce n’était pas le tien. Rien de magique ne s’est produit dans cette éprouvette. Par prudence, tu changes de récipient pour reproduire le test sur un autre élément de verrerie. Toujours rien. Si tu n’avais pas eu à dissimuler ta présence, tu te serais à grincer des dents. Un mage, mais pas un mage. Tu examines à nouveau la pièce, plus prudente encore qu’auparavant. Si le scénario est bien tourné, certaines parties semblent déplacée, presque erronée dans la situation. Ton regard passe d’un bout à l’autre, lentement. Une minute d’inspection, le double d’écoute pour vérifier que la voie est toujours libre. Ton attention se fixe alors sur la boite en carton qui traine sur le sol, à quelques centimètres de ton pied. Tu reconnais sans mal l’écriture et, surtout, l’utilité de celle-ci. De la Jelly. Avec une chance quasi certaine qu’elle soit à la pomme. Tes yeux vont de la boite à la casserole, t’arrachant une grimace. C’était une blague. Personne ne peut utiliser de la Jelly comme liquide de conservation et de transmission du potentiel magique. Une blague que peu de personne pouvait te faire, du moins dans les environs. Soucieuse de vérifier ton intuition, tu traverses la pièce pour te mettre au niveau de la casserole, allant jusqu’à y tremper ta main gantée. L’odeur de la mixture sucrée et sa texture grumeleuse te confirme ce que tu pensais. Ash était derrière tout ça. Tu saisis la bague puis cherche l’imperfection dans l’illusion qu’il t’a créée, jouant avec le bijou avec une certaine détente. Une minute plus tard, tu remarques enfin le cercle magique à effacer, planqué sous la casserole que tu avais fini par jeter dans l’évier, faute d’avoir pu trouver la cachette de ton mentor. Ce dernier apparait alors en lieu et place de Lilith, les bras croisés le regard aussi moqueur qu’agacé.

« Tu es lente, se contente-t-il de dire en guise de bonjour.
- Tu es alcoolique. Chacun ses tares, fais-tu en haussant les épaules avec nonchalance. Mais je suppose que tu n’as pas décuvé pour me faire jouer à « qui dira le plus d’évidence en cinq minutes. ». Je me trompe ? »

Un grognement te répond et, encore une fois, tu hausses les épaules pour rejeter la mauvaise humeur de façade du vieux Ash. Tu le suis docilement lorsqu’il te fait signe, nullement inquiétée par la tournure des évènements. Pourquoi se formaliser ? Vraisemblablement, vous alliez rendre visite à Lysandre. Peut-être même lui rendre un service. La seule chose qui te chagrinait véritablement, c’était le piège tendu par Ash à ton attention. Il savait que tu viendrais, s’il te lâchait la bride, et ça n’avait que deux significations possibles : la première, c’était que ton entrainement laissait à désirer et que tu étais encore trop prévisible. Et auquel cas, tu allais te faire botter les fesses en rentrant. La seconde était qu’Ash, depuis tout ce temps, commençait à te connaitre. Si la dernière te paraissait plus rassurante, elle n’en était pas plus à ton goût. S’il pouvait prédire tes mouvements, tu n’avais plus de liberté et ça, ça te dérangeait au plus haut point.

Perdue dans tes pensées, tu ne vois pas la gouvernante et la ménagère qui s’écarte de l’escalier pour vous laisser passer. Les marches craquent, un peu sous le poids d’Ash, moins sous le tien. En regardant plus attentivement ton mentor, tu remarques une foule de choses que tu n’avais pas pu voir lorsqu’il rentrait tard, certains soir. Tes yeux chocolat fixent sa jambe raide et son teint cireux, dérivant jusqu’à l’absence de certaines de ses pièces d’armures magiques habituelles. Il a du mal à bouger, tu peux l’affirmer et il serait stupide de nier qu’il était vieux et que la maladie le rattrapait après des années de tranquillité relative. La nouvelle, si tant soit peu qu’elle le fut, teinte ta nostalgie de morosité. Tu aimes bien Ash, comme une gamine peut aimer un gars qui a fait l’effort de l’élever jusqu’à ce qu’elle soit apte à se débrouiller seule. Sa mort, lointaine ou prochaine, te peine et, en même temps, sonne la fin de ton apprentissage en exil, loin des Knox. Les minutes passent à toute allure et tu ne dois qu’à la gentillesse toute relative de ton mentor de ne pas t’écraser la figure contre la porte ouverte devant lui. Cette même porte que tu connais par cœur, tellement tu as pu passer de temps à lui tirer la langue en passant dans les couloirs. Le bureau de Lysandre.

A tes côtés, Ash est tendu. Plus que d’habitude. Tu dirais même mieux, il est pensif. Et, de ce regard qui voit tout et rien à la fois, il dévisage la personne qui se tient dans l’encadrement et qui commence à montrer des signes évidents d’une impatience grandissante. Lysandre. Les deux hommes restent immobiles, l’un face à l’autre, sans dire le moindre mot. Quelque chose, dans l’air, te donne des frissons. Aujourd’hui n’était pas un jour comme les autres. Il n’y avait pas de contrat, pas de rapport à faire. Rien qu’à voir le comportement de ton mentor chéri, tu étais absolument certaine qu’il redoutait ce moment et, peut-être même était-ce pour cela qu’il avait disparu ces dernières semaines. Tu plisses les yeux avec méfiance, scrutant le premier puis le second comme s’ils allaient se jeter sur toi d’un instant à l’autre.

«Bonjour, Angelika. » Tu croises les bras sous ta poitrine, toisant ton « père » adoptif en imitant son air critique. « Tu as changé. » L’ajout te fait hausser les épaules. Tu n’avais pas la moindre envie de lui adresser un mot et encore moins de justifier la tenue que tu portais. Habillée sur le même thème que celui d’Ash, vous vous complétiez tout en étant de parfait contraire. Un sourire ironique barre ton visage, lorsque tu réalises que, la dernière fois que Monsieur t’as vu, tu portais des robes à froufrou et des ballerines en toile cirée. Ni même ces ridicules couettes que la gouvernante tenait à tout prix à te faire quand tu avais le malheur de rester à sa portée. Ce changement soudain dans ton expression fait tiquer ton interlocuteur.

« Elle a perdu la voix en mission, Ash ?
- Je n’éprouve pas le besoin d’entretenir une conversation stérile, Monsieur. Le regard de Lysandre se durcit et je sens mon mentor avoir un demi-sourire.
- Entrez. Nous avons beaucoup de choses à nous raconter. »

Ton sourire s’étire lorsque tu reconnais le trille caractéristique de l’agacement dans sa voix. Ton impertinence s’était aggravée, pendant ton petit voyage par-delà le monde. Pire, elle était même devenue ta meilleure amie et ton arme la plus tranchante pour engager les hostilités. La porte se referme derrière vous, dans un couinement ridicule, et Lysandre se dirige vers son bureau sans même plus vos donner d’attention. Il s’assoit élégamment derrière son bureau de chêne, faisant naitre un soupçon d’amusement dans tes prunelles.

Si toi, tu as changé, lui est rester égale à lui-même : seul et préoccupé, ne trouvant son échappatoire aux responsabilités que dans les femmes qu’il collectionnait comme un drogué collectionnait les seringues. La pièce n’avait pas changé, elle non plus, si on excluait le dépôt de poussière dans les bibliothèques qui semblait un peu dater et les papiers légèrement jaunis par le soleil. Il y avait aussi une boite posée sur le bureau, côté visiteur. Ash se racle la gorge, comme pour se donner une contenance, s’attirant ton regard curieux. Il n’avait jamais fait ça. Décidément, quelque chose n’allait pas. Vous traversez l’espace pour vous installer sur les fauteuils, bien droit pour Ash, les jambes par-dessus l’accoudoir pour toi. Tu prends un malin plaisir à observer la mine agacée de Lysandre malgré qu’il fasse l’effort surhumain de vous ignorer tous les deux. Le silence s’installe à nouveau, tandis que tu retires ton gant encore enduit de Jelly pour essuyer la bague que tu as ramassés un peu plus tôt. Tous les trois, vous vous jaugez en vous regardant en chien de faillances, jusqu’à ce qu’Ash perde patience.

« Abrège, Lysandre. La petite et moi, on a du travail.
- Tu as du travail. Angelika rentre avec moi à Londres. Il est temps qu’elle aille à la Tour.
- N’oublie pas ta promesse, mon frère. Elle n’a pas encore tout appris. Et je ne lui ai pas donné la …
- Il est temps que tu t’en occupes. Combien de temps te reste-t-il ? Quelques semaines, tout au plus, n’est-ce pas ?
- C’est trop tôt.
- Youhou. Il me semble que c’est de mes fesses, qu’on parle et que j’ai aussi, mon mot à dire, tu grommelles, te retenant de carrément leur jurer sous le nez. Arrêtez de faire des mystères, c’est lassant. »

La tension te met de mauvais poil, encore plus quand tu vois que la tournure que prend la discussion. Etre là n’était pas une partie de plaisir, ni pour toi, ni pour eux, aussi n’arrivais-tu pas à accepter l’idée de perdre du temps et de rester dans cette ambiance plus longtemps. Ash te jette un regard que tu penses acquis à ta cause. Il pestait sans cesse que les confrontations avec son frère le lassaient. Pourtant, en y regardant de plus près, tu remarques un étrange mélange d’émotion. Il est mal à l’aise, et tu ignores pourquoi. Il a le regard humide aussi et, bon sang, ça te frappe de plein fouet. Ash est triste et ça aussi, ça t’échappe. Pourtant, tu sais parfaitement qu’il te cache un truc et, même si l’amour que tu lui portes est grand, ton humeur ne semble pas suffisamment clémente pour lui épargner une confrontation supplémentaire.

« Accouche vieux canaillou. De toi à moi, celui qui menaçait l’autre de le bouffer, c’est toi. »

Il hésite. Pire, il cherche ses mots. Ash ne cherche jamais ses mots. La précaution, entre vous, n’avait jamais eu lieu d’être. De l’autre côté, Lysandre, que tu avais presque oublié, se met à tapoter son bureau du bout des doigts. C’est trop long à son goût. Et toi, c’est le son de son impatience qui te tape sur le système, presque autant que les faux gants de velours qu’Ash essaye d’enfiler depuis bien deux minutes, en vain.

« Prend la bague et ouvre la boite. » finit-il par me cracher en se renfrognant. Tu le vois commencer à bouder comme un gamin de cinq ans dans son fauteuil et ça te fait froncer les sourcils. Ash n’est pas comme d’habitude, c’était une évidence.

Tu observes ladite boite sous toutes ses coutures, sans rien trouver de plus intriguant que la serrure qui se trouve face à toi. Les ronds, concentriques, n’avait pas vraiment de sens particulier si ce n’est celui des quatre runes. Tu les connais bien, très bien même. Ce sont celles qu’utilise Ash, la plupart du temps. L’aettir de Tyr, si ta mémoire ne te faisait pas défaut, entourait la serrure avec régularité presque mécanique, si ce n’est les traits irréguliers de certaines des symboles. Le mécanisme d’ouverture était prévu pour une clé en demi-cercle et peu épaisse. Au fond brillait Wyrd, gravé dans le cuivre de façon presque imperceptible pour un œil qui ne cherchait pas les détails.

Ton regard tombe sur la bague de Lilith. C’était un choix étrange, dont le lien entre les deux t’échappait. La première femme était au courant de l’existence de ce coffret et pouvait l’ouvrir. Tu lèves les yeux vers Ash. Jamais, il ne t’avait donné d’objet sans raison. Sur ce point-là, lui et Lysandre était bien frère : avec eux, rien ne se faisait au hasard. Tu apposes la bague sur le mécanisme, retenant ton souffle lorsque le déclic trouble le silence du bureau. Soulevant le couvercle sans réellement comprendre, tu scrutes les deux frères d’un regard dubitatif.

« Des vêtements et une ombrelle ? Sérieusement ?
- Bien. Maintenant ceci fait, tu peux disposer, Ash. Sa période d’entrainement est terminée. »

Ton mentor te sourit faiblement, sans pour autant réagir à l’ordre de Lysandre. D’après ce que tu as pu comprendre, il était hors de la hiérarchie, bien que plus vieux que le père de Lisebeth. Si ces raisons pour être devenu indépendant n’avait jamais été éclaircie, tu ne doutais pas que le cadet y soit pour quelque chose. Finalement, il finit par se lever, non sans peine et te sert l’épaule avec force sans te quitter des yeux. Tu y vois toute sa tristesse, sans filtre, et aussi quelque chose qui ressemble à de la fierté. Pourquoi, encore une fois ? Même si l’apprentissage était terminé, rien n’empêchait de vous retrouver plus tard. Rien, si ce n’est la maladie inconnue dont le vieux mage souffrait. Il quitte lentement la pièce, comme à regret, et ça a le don d’énerver encore plus le chef de famille. Tout comme ça a le don de te retourner l’estomac, quand tu réalises que tu ne le reverras peut-être jamais lorsque la porte claque derrière lui. Lysandre se lève et, si jusqu’à présent tu avais fait l’effort d’être correcte, tu n’en as brutalement plus envie. Ton vrai père adoptif est parti, et on te l’a enlevé sans même te laisser donner ton avis.

« Tu vas partir pour un cursus d’environ six ans à la Tour de l’Horloge. J’attends de toi des résultats exemplaires, à la hauteur de ta mission envers Lisebeth. » Il se saisit de l’ombrelle blanche en dentelle avec douceur avant de la pointer vers toi. La scène est absurde. Un grand homme comme lui, tenant dans les mains un minuscule parapluie posé sur ta gorge. Tu meurs d’envie de lui rire au nez, mais tu n’en fais rien. Tu te contentes de le défier du regard, sans plus cacher ni ton mécontentement ni ton désintérêt pour ce qui se passe.  « Perfectionne-toi pendant les deux prochaines années. Les suivantes seront mises au service de l’héritière et uniquement d’elle. Quand ton cursus se terminera, tu devras trouver quelque chose à faire en attendant qu’elle prenne ma relève et que ton véritable travail commence. » Il inspire profondément puis pose un regard complaisant sur toi. « Je compte sur tes rapports réguliers.
- Héritière, successeur, nouveau chef de famille … Vous n’avez que ce mot-là à la bouche. Est-ce que vous vous êtes une seule fois préoccupé de Lisebeth pendant mon absence ? De ses envies ? De ses projets, à elle ? Suis-je bête. Bien sûr que non. Peut-être même que vous l’auriez épousé si la consanguinité n’était pas aussi délétère dans la transmission du potentiel magique. »

Un déclic se produit et la pointe plate de l’ombrelle devient tranchante comme un rasoir. Pourtant, tu te sens sourire avec insolence sous la menace. Blessée très superficiellement, tu croises tes doigts avec une certaine nonchalance, ton aura commençant à se manifester en même temps que ton sourire s’accentue. Tu n’as pas peur, et tu veux qu’il le sache.

« Vous savez que j’ai raison. Je vous l’ai déjà dit, plus jeune. Plus d’une fois, même. Si vous voulez des nouvelles de votre fille, prenez les vous-même. Je ne vous ferais aucun rapport. »

Tu dévies la pointe du bout des doigts sans quitter Lysandre du regard. Les signes évidents de la fureur marquent le pli de ses yeux et dessinent des rides déjà bien présentes sur son front. Tu te lèves, saisissant l’ombrelle avec force avant de lui faire décrire une torsion brutale pour confisquer ton cadeau au chef de famille. Celui-ci, bouillant de rage, te désigne une lettre posée sur le bureau et dont tu t’empares sans même lui jeter un regard. Tu ouvres à nouveau le coffret, reposant les deux objets à l’abri à l’intérieur avant de faire volteface vers la porte en prenant ta boite sous le bras et tu commences à partir, sans plus de cérémonie. Tu sens le regard de Lysandre, toujours immobile, dans ton dos. Sans doute est-il en train de se masser le poignet mais tu n’éprouves pas le besoin de t’en assurer. Son état t’importe peu, à vrai dire. Ce n’est qu’avant de sortir que tu daignes prendre une pause.

« Je ne suis pas stupide. Si je suis encore vivante, depuis la mort de Lilith et les blessures de Lizzie, c’est parce que j’ai un intérêt certain dans vos plans. Autre que la protection de votre fille. Je suis un lien, entre vous deux depuis qu’elle a cessé de vouloir vous considérer comme autre chose qu’un géniteur. Peut-être même le seul. Alors Monsieur, avec tout mon respect, prenez vos couilles et portez-les, pour changer un peu. Parce que je n’ai pas l’intention d’être à votre botte. Je n’ai qu’un maitre. Et il ne s’appelle certainement pas Lysandre Knox. »

La porte claque derrière toi. Tu sais parfaitement que, pour ce que tu viens de dire, il pourrait t’éjecter hors de la famille, peut-être même réclamer ta tête. Tu sais aussi qu’il ne le fera pas, pour l’amour de Lisebeth dont il espère, depuis si longtemps, au moins la compagnie et le sourire qui lui rappelle tant feu Lilith. Tu entends quelque chose voler et se fracasser contre le mur, tout près de toi. Quelque part, cela te satisfait mais ce n’est qu’en franchissant le portail du domaine que tu réalises vraiment pourquoi. Un sourire, amusé, se peint sur ton visage à l’idée un peu folle que, en parallèle de l’existence de Lysandre en haut de la pyramide familiale, Lisebeth puisse constituer la pierre angulaire d’une nouvelle hiérarchie qui échappe à son contrôle.

*

Le temps passe. Tu n’en as cure mais tu le sens couler sur ton corps, au mépris de ton souhait de le retarder le plus possible. En arrivant à Londres, dans ta toute petite chambre de bonne attenante à la future chambre de ta protégée, tu avais repris le coffret en toute quiétude. Tu y avais découvert, caché sous les vêtements élégants qu’on t’avait choisis sans crier gare, deux lettres. La première était un souvenir d’Ash. Une photo de ton mentor plus jeune, plus souriant mais aussi une de vous deux, assis devant la fontaine de Trevi. Tu avais souri en regardant l’énorme glace entre tes mains d’adolescentes et le regard envieux du vieux mage. Puis un second cliché, tout aussi chargé d’émotion que le premier. Ash, dans la fleur de l’âge qui sourit à l’objectif les doigts dressés en signe de victoire. Tu n’as pas connu ton mentor ainsi mais cette simple image, insouciante et lumineuse, te met du baume au cœur, adoucissant tes souvenirs comme du miel pour la gorge. Et enfin, un troisième. Cette fois-ci, tu éclates de rire autant que les larmes te montent aux yeux. Le selfie est ridicule, dépourvu de sens, et pourtant c’est ce qui fait toute sa force. Vos deux joues collées ensemble devant le petit écran du téléphone que tu avais forcé le vieux a acheté pour vous faciliter la tâche en déplacement. Vos deux visages opposés, lui dans une exaspération dépassant les sommets, toi dans une joie olympique et rayonnante. Tu te rappelles l’avoir mise sur son fond d’écran pour remplacer la couleur monotone du pauvre Nokia malgré les grommellements du propriétaire. Des souvenirs, toujours plus beau, toujours plus lourd.

Le son, presque imperceptible, d’un objet tombant sur ton lit te fait sursauter. Un bref moment de surprise passe et tu poses les photos à côté de l’étui, les mains tremblantes. Ce n’est qu’après avoir attaché ce dernier à ta ceinture que tu remarques un détail important.

Sur le dos de chaque cliché, il y a un commentaire écrit à la main. Une date, les personnes présentent sur la photo et, surtout, un compte à rebours. « Plus que cinq ans. » Vraisemblablement, Ash comptait-il les jours passés en ta compagnie par ennui, c’est ce que la première et la dernière te firent penser. Pourtant, c’est sur la seconde que se trouvait la clé. « Même si tu es seule, je serais toujours là. » L’émotion te submerge mais tu continues l’exploration de la boite. Au plus profond de toi, tu nies encore, autant que tu le peux et aussi fort que ta volonté te le permet. Pour toi, Ash est toujours là, toujours vivant, peu importe qu’il soit souffrant ou non. Et ce malgré la présence du fameux étui de carte frappé du vrai nom de ton mentor.

Tu te saisis de l’autre lettre, toujours posée dans le coffret. Rédigé dans une écriture inconnue, tu ne dois qu’à la signature d’en découvrir le nom. Ce dernier se met à résonner en toi comme un coup de marteau sur une cloche. Lilith. Tu parcours les mots, à la fois paniqué et inquiétée par ce retour d’outre-tombe. Pourtant, à chaque ligne tu n’as rien senti d’autre qu’un amour maternel immense, couplé à une crainte de mère toute aussi présente. C’est avec un sourire triste que tu as posé les yeux sur ses derniers mots, les relisant encore et encore pour mieux les graver dans ta mémoire.

« Cette tenue est pour toi. J’ai veillé à ce que, lorsque tu serais en âge d’aller à la Tour de l’Horloge avec ma douce Lisebeth, tu es de quoi être présentable et digne à ses côtés. Je sais que ta tâche est lourde mais je remercie chaque jour que le destin t’es mise sur le chemin de ma fille. Je sais au combien tu l’apprécies et je ne me fais pas d’inquiétude à votre propos. La bague qui ouvre ce coffret est la marque de ma gratitude et de ma confiance. Je compte sur toi, Angelika.

Que ta loyauté soit indéfectible et que ta main ne tremble pas, le moment venu,

Lilith.
»

Tes genoux cessent brutalement de te porter. Assise au sol, la lettre dans les mains, tu pleures sans pouvoir te contenir. Faible, une blessure rouverte à vif, tu laisses la culpabilité que tu pensais avoir étouffée depuis tout ce temps prendre l’avantage. Le voilà, ce que tu cherchais depuis si longtemps. Tu peux enfin mettre un mot dessus : l’absolution. Ce n’est qu’avec difficulté, après de longues minutes, que tu trouves enfin la force de déplier chacun des éléments de ta nouvelle tenue.

Sobre, dans un mélange amusant de nuances sur le thème de ton dessert favori, tu reconnais la patte de la première femme légitime de Lysandre. Tu commences à te douter de l’origine de l’ombrelle mais ce n’est qu’en parcourant la lettre d’Ash que tu en deviens vraiment certaine. Un cadeau de Lisebeth, issu d’une vieille discussion que vous aviez eu plus jeune à propos de l’accessoire le plus élégant pour un garde du corps mais aussi le plus discret et efficace. Il y a aussi, au milieu de tous les non-dits que vous aviez eu pendant cinq ans, quelque chose qui te chamboule comme une adolescente face à son premier amour. Un tout petit et ridicule « Je t’aime, ma fille, même si je suis le pire père qu’on pourrait te donner. » qui te fait presque sauter de joie. Une joie que tu refroidis en lisant la suite. Il te la confie sa carte, avec tout l’amour d’un père à sa fille mais aussi avec la mise en garde d’utilisation la plus complète que tu l’aies jamais vu écrire.  Et, comme il s’y attendait sans doute en l’écrivant, tu ne prends pas la peine de la lire en intégralité, préférant jauger de toi-même ton deuxième nouveau meilleur ami.

Tu t’enflammes à l’idée de tester la carte héroïque, encore plus celle de Nikola Tesla que tu avais déjà vu à l’œuvre du début jusqu’à la fin. Seule dans la salle d’entrainement, tu libères la carte d’Archer de sa protection en cuir et lui sourit, complice.

« Namō namaḥ ahám mitrah. » Tu inspires profondément, amusée par les sonorités gutturales du sanskrit et par la stupidité que tu te trouves à parler à une carte d’un héros qui n’en avait certainement rien à secouer de ta petite personne. Tu hésites. Tu aimes beaucoup Tesla et, l’idée de revêtir son équipement à la place d’Ash te met mal à l’aise. Tu trouves même la scène beaucoup trop cérémonieuse à ton goût. Aussi finis-tu par te lancer à l’eau après t’être insultée d’abruti une énième fois. « Class Card Archer, Include. »

Tu sens une autre énergie t’envahir, perdant tes vêtements tout neuf au profit d’un drôle d’uniforme militaire, dont tu sans la cape battre sur ton dos comme un étendard. Ta main gauche se recouvre de métal, et, au lieu de paniquer, tu ressens un certain apaisement en observant le phénomène. Quelques éclairs s’échappent de tes doigts en crépitant, ébouriffant tes cheveux devenu en partie bleu. Par-dessus tout ce chaos, tu sens deux nouvelles mèches se poser sur ta poitrine. Celle-ci ont une drôle de forme, plus proche des circuits électroniques que des vrais cheveux et l’idée de te transformer en demi-robot te fait rire de façon si tonitruante que tu prends le temps de te demander qui, de vous deux, à réellement pouffé dans l’histoire. Ton œil droit te démange un peu, mais tu es bien trop préoccupée par ton apparence dans le miroir des vestiaires pour t’apercevoir qu’il est devenu bleu électrique, lui aussi. Tu passes un long moment immobile face à ton reflet avant de prendre une pose que tu ne te connais pas mais qui te semble adaptée à la situation. Un peu comme si ton instinct trouvait qu’ainsi, tu étais encore mieux.

« Je pense qu’on s’arrêter là pour ce soir, Tesla. Qu’est-ce que t’en dit ? » La question rhétorique se répercute sur les murs tandis que tu quittes l’apparence de la carte avec regret pour regagner ta chambre. Ce n’est que pendant ton sommeil que la lettre de ton mentor te revient en pleine poire.

« Une carte ne peut être utilisée que par son propriétaire. Et elle ne change de propriétaire que si ce dernier est incapable d’honorer son contrat. En d’autre terme, tue quelqu’un et sa carte sera tienne. »

Doucement, le rêve se transforme en cauchemar et les souvenirs en poignards. Ash Logos Knox n’existe plus.

*

Quelques semaines après, tu as décidé de te teindre les cheveux de manière anarchique. Rose d’un côté, brun naturel de l’autre. Tu as même poussé le vice jusqu’à te créer des yeux vairons artificiels à l’aide d’une lentille de même couleur que ta coloration. Un caprice qui fit jaser la Tour quand à ta capacité de réflexion et ta santé mentale mais tu n’en avais cure. Tu aimais l’idée et ce changement te donnait quelque chose. Un petit plus. Une sorte d’entente supplémentaire entre toi et la carte, que tu ne saurais expliquer ou peut être une distance entre le toi d’avant la Tour et celui d’avant qui fréquentait Ash. Tes années de paix ou de chaos, selon certains dires, au sein de la Tour débutèrent alors, dans un tourbillon d’agitation, d’intrigue et de dédain à faire pâlir la cours de France.

Tu naviguais souvent entre Mystile, Solonea, Brishisan et Nowich comme un papillon de nuit autour du feu. Tu voulais maitriser la moindre parcelle de toi-même et en même temps, tu mourrais d’envie de te mesurer aux autres pour te prouver que, même un mage ne pourrait pas te tenir tête. Défaites, entrainements, victoires. C’était ton leitmotiv. Un leitmotiv qui a forgé tes cinq ans à la Tour de l’Horloge, malgré les brimades sur tes origines et les tentatives de déstabilisation à base te ton échec en tant que garde du corps. Tu les avais laissé baver, sans bouger si ce n’est accepter, de temps à autres, les défie de ceux qui te pensait trop faible pour être parmi eux. C’est à l’une de ses quelques occasions que le professeur Solonea s’est tourné vers toi. D’abord pour te demander de l’aide dans quelques courses puis, progressivement, ces courses devinrent des escortes puis de véritable entrainement à la protection pour toi qui en avait tant besoin. Vous y avez trouvé votre compte tous les deux pendant cinq ans, jusqu’à ce que ton cursus se termine et que l’envie de prendre une retraite bien méritée se fasse sentir. Un jour, tu te retrouvas convoquée dans son bureau. Un nouveau service, pensas-tu. Pourtant, la raison en était tout autre …

*

« Alors, qu’est-ce que ça fait de se savoir bientôt diplômée, Mlle Disward ? » Une grimace t’échappe, faisant rire puis tousser violement le vieil homme. Agé, il tenait toujours ses cours mais commençait, lui aussi, à décliner doucement mais surement. La rumeur de sa retraite galopait dans les couloirs mais aucun nom n’avait encore été cité pour le remplacer. « As-tu prévu quelque chose pour la suite ?
- Pas vraiment. Je pensais rester un peu plus…
- Surtout pas, ma petite, balaye-t-il ta réponse, tu perdrais ton temps et pas mal d’argent. [/color]
- Peut-être. En attendant, un peu plus de connaissance ne peut que m’être bénéfique, tant que je ne sais pas où aller.
- [color=mediumpurple]Et si je te disais que j’ai l’endroit idéal pour toi ? » Le regard du professeur brille de malice et de satisfaction. Tu étais bien placée pour savoir que ce regard-là n’annonçait rien de bon, encore plus si c’était en salle d’entrainement. « Que dirais-tu de devenir professeur, Angelika ? »

Tu restes coite, totalement choquée par ce qu’il vient de dire. Toi ? Professeur ? N’importe quoi. Autant embaucher un âne savant. Tu t’apprêtes à répondre quand tu le vois tressauter sur son fauteuil. Il se moque de toi et tu ne marches pas, tu cours.

« Hilarant, Monsieur. » réponds-tu en boudant un peu. « Vous avez vraiment une idée, où vous me faites marcher ?
- J’en ai une. » dit-il en te tendant une lettre et un papier avec une adresse. « Voici une recommandation chez les Traqueurs. Tu n’es pas une flèche en théorie, mais en pratique, tu te défends bien et ta magie s’y prête. J’ai eu mainte fois l’occasion de te voir à l’œuvre et je pense que ça te conviendra mieux. » Un silence accueille son annonce, tandis qu’il reprend sa conversation, comme si de rien était. « Tu sais ce que sont les Traqueurs, n’est-ce pas ?
- Des mages chargés dans chasser d’autres sur demande de l’Association.
- Question rhétorique. Mais, comme nous avons eu un jour l’occasion d’en discuter, c’est sans doute l’endroit où tu pourras le mieux développer tes talents. Tout du moins, ce n’est que mon avis.
- Je vous remercie.
- Oh non, ne le fait pas. Ce n’est qu’un renvoi d’ascenseur. Une sorte de remerciement pour ton aide pendant ces dernières années à la Tour. »

Plus que quiconque, tu t’es mise à compter le temps qui te séparait de la fin de tes études à partir du moment où tu as franchi la porte. Le professeur ne faisait pas beaucoup de sentiment mais, il avait toujours eu l’intelligence de demander à ses élèves leurs vrais objectifs en matière de magie. Aussi te laissas-tu porter sur la vague de ce que la vie venait de t’offrir. Si cela avait un sens, tu serais Traqueurs. Sinon, tu ne savais pas. Mais te resterais toi-même, quel que soit ton chemin.

©️️ Lutèce pour Fate/Prisma War

Message posté par : Arya L. Dehaene
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Arya L. Dehaene
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Arya
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le Jeu 2 Nov - 10:33
Que la correction commence ~

Bienvenu(e) sur le forum, Invité. Ici Arya. J'voyage sur un peu toutes les fiches, sauf sur celles de mes larbins congénères d'Ouroboros. Et aujourd'hui, j'ai eu envie de passer te voir ! Yorokobe ! Ca aurait pu être pire, si ça avait été Gudako après tout.

I - Général
Here we go, here we go. Comment peut-on qualifier un forum de bio ? Vous avez quatre heures.

II - Psychologie
J'arrive plutot bien à te définir, et à imaginer quelques réactions qu'Angelika pourrait avoir dans certaines situations. Du coup, j'ai rien à relever dans le global du truc.
Juste, pour la petite note ; on écrit "Jamais, ô grand jamais" !

III - Physique
Quelque chose me turlupine. Je vois où tu veux en venir avec la mise en scène, cependant, je vois pas pourquoi tu irais rencontrer l'émetteur d'un contrat. Normalement, c'est l'Association qui vous envoie les contrats et vous les acceptez/refusez. A moins de prendre le travail de quelques indépendants, et de prendre des contrats supplémentaires qui n'ont pas été proposés ! Mais ça, c'est Tsunami qui vous y autorise ou non ♥️
Sinon, j'aimerais juste une précision. Quelle taille fait Angelika ? Tu en parles extrêmement souvent, mais vu que j'ai pas la valeur chiffrée, je sais pas à quel point c'est, puisque la petitesse est toute relative !
Aussi, mais ça c'est qu'une précision, ne donne pas ton vrai nom voyons ! Tu es Virgo aux yeux des gens.

IV - Histoire
Je te le redis, je sais pas ce qu'il t'a fait, mais tu en veux au pluriel, c'est certain !
Je regrette un petit point : Tu es passée trop rapidement à la première action. J'arrive à situer à quel moment tu es vis à vis de l'histoire d'Adonis (et je vais aussi lire l'histoire de Lizzie en parallèle pour ça), mais pour moi, ça arrive beaucoup trop vite. Angelika pleure Lilith et Lisebeth, sauf que de ce que j'en lis, t'as strictement rien à voir avec elles. Lysandre t'a recueillie et confiée à un maitre d'armes - à ce moment on ne sait pas pourquoi - donc à mon gout, tu dois défendre la maisonnée parce qu'elle t'a acceptée, pas pour tes liens avec elle. Il manque cette petite partie de daily life entre le moment où Lysandre a accepté de te garder et la mort de Lilith.

J'en profite pour te faire un petit point ; fais attention avec ta magie. En rp solo c'est très cool et très pratique, mais tu vas bien plus galérer dans les rps à deux ou plus. Il y a certaines personnes, tu peux les observer si tu veux, si elles n'ont aucune compétences martiales  tu risques d'avoir quelques soucis. Il faudra que tu fasses vraiment très attention avec ça.

Passant à Ash, avant que tu ne révèles qui il est, honnêtement, je me serai dit qu'il aurait pu s'agir de n'importe quel maitre d'entrainement que les Knox avaient à disposition. Meme si j'suis pas trop dupe avec les L pour la lignée principale et les A pour le reste - et si c'est involontaire, chapeau.

Je me demande, cependant, d'où vient le nom "Montgomery" ? Parce que j'en ai jamais entendu parlé, et vu que j'ai 0 précision dessus, je comprends pas des masses.

Enfin, c'est juste un petit détail de ma part, je comprends pas pourquoi Ash explique à Lysandre qu'il a du travail avec toi s'il sait pertinemment qu'il va mourir au point de te donner sa carte. Je sais que c'est mentir et éviter l'inévitable, tout ça tout ça, mais je trouve que ça sonne un peu bizarrement en relisant cette partie en entier. Parce qu'au final, j'ai l'impression que si tu n'avais pas été envoyée à la Tour, sa durée de vie aurait été allongée de plusieurs mois au minimum tu vois. Et techniquement, c'est pas le cas !

Et bien sûr, comme je l'ai déjà dit à ton frère qui n'est pas le tien mais celui de Lise : On parle toujours d'Heroic Card !

Aussi, fais juste attention : tu as utilisé un personnage professeur, il faudrait pas que ça impacte sur le futur professeur de cette branche qui voudrait parler de son prédécesseur !

PS : Tu as un souci de [color] à la toute fin, peut-être ça te permettra de center ton code !

De l'autre côté du miroir maintenant !

Je vois que tu as vraiment bien bossé le personnage ou quoi. De même que tu as du gérer l'histoire de Lizzie et d'Adonis pour le début en même temps, et comme je le disais à ce dernier, je sais que c'est pas un truc évident, d'autant plus que tu as pas mal utilisé le caractère du padre ou les principes fondamentaux de la famille. Ca prouve que tu as vraiment travaillé ton histoire. Et c'est vraiment bien.

Hormis ce que j'ai pu dire un peu plus haut, tu détailles les scènes que tu veux détailler pile ce qu'il faut, je me suis pas dit à un moment "omg il me reste encore tout ça à lire ?" parce qu'au final, ça coulait bien (pour tout te dire, j'ai lu ton histoire dans le métro tho).

De même, tu sais rendre le personnage d'Ash attachant alors qu'on se doute bien que tu devras le quitter d'une façon ou d'une autre un jour. J'ai vraiment vu le lien père-fille entre les deux, de même que ce soit la carte qui te fasse réaliser sa mort, c'est un très bon concept.

Je te demanderai pas une correction énorme sur ta fiche - je te laisse voir ce que tu veux ajouter dedans par rapport à ce que je t'ai dit avant ou si tu veux juste me les préciser à la suite. Elle fait bien le café, et j'ai rien d'autre de crucial ou d'énorme à lui reprocher.

V - Test RP
“Bienvenue Virgo. Il semblerait que tu viennes d'être acceptée parmi les traqueurs ? C'est bien, c'est très bien. Mais Tsunami a besoin de personnes qui traquent. Montre moi quel aspect de ta magie te permet de traquer. Si elle ne te le permet pas, montre moi comment tu traques.”
- NB : Si ta magie ne te permet pas de traquer, pense à en prendre une plus tard qui le permettra !







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